MATÉRIALISME & BONHEUR

Notre société est incontestablement matérialiste.

Elle met en toutes premières places la réussite financière et sociale, le pouvoir, les possessions…Bien sûr, il faut un peu de tout cela pour qu’une société fonctionne mais la nôtre « déifie » ces « valeurs ».

Il est pourtant aujourd’hui désormais établi que plus une société valorise la consommation, le pouvoir, le matérialisme et plus elle crée de gens malheureux.

Le matérialisme crée en effet l’insatisfaction et le stress.

En répondant à ces injonctions de réussite sociale et d’accumulation de biens matériels,nous nous éloignons de nos vrais besoins que sont le partage, le lien avec l’Autre et avec la Nature, la gratuité des échanges avec autrui…difficile de survivre dans le tout calculé et le toujours payant.

Cette société est puissamment anxiogène.

On nous propose de compenser notre tristesse, notre anxiété, notre frustration et nos émotions négatives par l’accumulation d’objets ou de services, par la consommation tous azimuts.

C’est bien évidemment le rôle de la publicité de nous promettre bonheur, amour, amitié, beauté et reconnaissance sociale par la consommation d’objets : une grande et belle maison,une voiture puissante, le tout nouveau smartphone ou des vêtements de marque sont devenus les indicateurs de notre valeur personnelle.

La publicité nous montre ce qu’il faut posséder pour être heureux, aimé, reconnu…

La lenteur, l’inaction et la recherche du calme sont proscrits : nous nous devons, au 21ème siècle, d’être actifs, productifs et surbookés… parfois jusqu’à l’épuisement. Nous devons sans cesse être dans le Faire, autant que dans l’Avoir.

Pourtant, savoir prendre une pause pour s’écouter, écouter son corps et ses états d’âme nous est indispensable si nous voulons connaître nos vrais besoins et trouver notre équilibre.

Distraits de nous-mêmes en permanence (par les écrans, les activités multiples … ), nous négligeons alors de prendre soin de notre Moi profond et de trouver notre propre chemin vers le bonheur.

Avoir et Faire sont les injonctions de nos sociétés modernes occidentales, aussi nous oublions … d’Être!

Choisir une vie plus simple (avec moins de compétition, moins de consommation, moins d’activité et en étant moins « connecté » …) permet de (re)-trouver un peu (beaucoup) de sérénité et une joie de vivre qui nous ouvre aux autres. Car oui, lorsque l’on est heureux on partage, on écoute et on échange. Malheureux ? on se replie, on s’isole, on développe frustration et égoïsme.

Choisir une vie plus simple c’est opter pour une consommation suffisante et raisonnée.

Choisir une vie plus simple c’est consacrer son argent, son énergie et son temps dans les liens familiaux, amicaux, dans notre ouverture aux autres et à l’écoute de nos besoins véritables.

Prenons le temps d’analyser ce « mode d’emploi du bonheur » que la société nous propose. Nous convient-il véritablement? Prenons le temps de réfléchir sur nous-même en bannissant la comparaison.

La réussite d’une vie est un sentiment si personnel que PERSONNE mieux que nous-même ne sait ce qui nous rend profondément heureux.


Christophe André, médecin psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne de Paris, nous expliquait déjà très clairement (il y a une dizaine d’années) en quoi notre société est « psycho-toxique » :