ANESTHÉSIE

Je m’attache désormais à me libérer et à m’éloigner de ce que l’on appelle « le système ».

Ne pas encourager ce que je réprouve et mettre en cohérence mes idées et mes actes : un objectif pas toujours évident à atteindre. Cela demande de se bousculer un peu c’est vrai, de sortir de cette anesthésie et de cette facilité dans lesquelles le monde de la consommation m’a un jour plongée, comme vous peut-être.

Le bouton que l’on presse, la machine qui exécute à notre place, la multinationale qui cuisine nos plats, la crème amincissante qui pallie à notre manque d’activité physique , le prêt à penser que nous servent chaque jour les médias (…) nous plongent dans une douce anesthésie et nous incitent à choisir l’option du moindre effort. Les divertissements abêtissants que l’on  nous propose nous dispensent de faire face à une réalité parfois morose, de nous interroger, de penser et donc de réagir, d’agir.

Toutes ces pilules d’un soi-disant bonheur nous incitent à subir et à ne surtout rien changer ….

Sortir du confort et du prémâché qui, au final, nous asservissent et ne nous rendent pas véritablement heureux, cela exige peut-être un petit effort, un changement de comportement, mais si l’on se bouge un peu la sérénité est au rendez-vous.

J’ai choisi de prendre mes distances avec un système qui nous éloigne de plus en plus de notre humanité pour nous réduire à l’état d’êtres passifs, de plus en plus isolés, rivés à des écrans magiques (ordi, TV, smartphone…), déconnectés progressivement et insidieusement de la « vraie vie », spectateurs d’un mix de séries fictives et de guerres bien réelles et consommateurs contraints d’acheter ce qu’on leur propose (lasagnes au cheval, lait aux antibiotiques, poulet aux hormones…) à défaut de pouvoir les produire eux-mêmes. Le tout, au prix de la destruction de notre environnement et de la santé humaine, de souffrances animales .. (la liste est longue).

Nous avons perdu nos compétences en acceptant la si tentante facilité que l’on nous « offrait ». Nous nous sommes éloignés les uns des autres en acceptant la compétition.
Jeter ma télé en total décalage avec le monde réel, boîte à images qui me dictait à qui je devais ressembler, ce que je devais consommer pour être dans la norme et ce que je devais penser pour ne pas être exclue … jeter ma télé a été un des premiers actes libérateurs.

Il y en a 1000 autres, comme :

  • se nourrir ailleurs qu’au supermarché, rechercher les producteurs locaux, faire pousser des trucs,
  • cuisiner, faire des conserves, des gâteaux, des confitures,
  • se déplacer à pied, en vélo,
  • redécouvrir le plaisir des distractions simples et du partage,
  • s’habiller ailleurs que chez les grandes enseignes, flâner dans les friperies,échanger, coudre ses vêtements, teindre …
  • se meubler ailleurs que chez le Suédois, récupérer, chiner, bricoler, réparer,
  • boycotter,
  • s’informer,
  • bouger,
  • apprendre,
  • créer

Oui : apprendre et créer pour regagner un maximum d’ autonomie, de liberté … et ne plus se contenter de ce que l’on nous vend. Car c’est par le biais sournois de la facilité et du moindre effort que nous avons été mis en dépendance, anesthésiés, et que nous avons perdu beaucoup de nos compétences et savoirs-faire. Notre capacité de réflexion, elle aussi, s’est amenuisée par manque de sollicitation, par paresse.

Le chemin est long mais il est si libérateur !
Pas question de faire marche arrière !

 

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